Ellora, un peu d’histoire
À Ellora, l’histoire ne se lit pas seulement dans la pierre, elle y est ancrée. Creusées dans une falaise de basalte du Maharashtra, les 34 grottes principales d’Ellora racontent près de cinq siècles de ferveur, du 6ème au 10ème siècle. Ici, bouddhistes, hindous et jaïns ont façonné la roche en temples, monastères, salles de prière et sculptures, parfois à la même époque. Cette coexistence donne au site une force rare en Inde. Le chef-d’œuvre le plus célèbre est le temple de Kailasa, la « grotte 16 », un immense temple hindou taillé d’un seul bloc de roche, attribué à la dynastie Rashtrakuta, au 8ème siècle. En avançant de grotte en grotte, on passe de la pénombre fraîche aux parois sculptées, des visages de divinités aux piliers usés par le temps. Ellora n’impressionne pas seulement par sa taille, mais aussi par le silence qu’elle impose.
Que voir à Ellora ?
Explorer le temple de Kailasa, la prouesse qui coupe le souffle
Le temple de Kailasa, ou « grotte 16 », est l’incontournable absolu d’Ellora. Taillé dans un seul bloc de basalte au VIIIe siècle, ce temple dédié à Shiva semble avoir été libéré de la montagne. On y entre comme dans un vertige. Eléphants sculptés, piliers massifs, escaliers, galeries, cours intérieures… tout a été creusé du haut vers le bas avec une précision qui semble irréelle.
On prend le temps de tourner autour du temple, pas seulement de le traverser. Les reliefs du Ramayana et du Mahabharata apparaissent dans la pierre comme des scènes encore vivantes : dieux en mouvement, corps dansants, visages calmes malgré le tumulte. Dans les galeries qui bordent la cour sur trois côtés, plus sombres, des panneaux moins regardés attendent ceux qui s’attardent.
Remonter le fil des grottes bouddhiques
Les grottes 1 à 12 racontent la présence bouddhique à Ellora, entre monastères sobres et salles de prière enveloppantes. La grotte 10, appelée Vishvakarma ou « grotte du charpentier », est l’une des plus marquantes : son plafond imite les poutres de bois, sculptées pourtant dans la roche, et un grand Bouddha assis, adossé à un stupa, veille au fond de la salle.
Ici, l’ambiance change. Moins spectaculaire que Kailasa, plus intérieure. On marche dans des cellules de moines, on effleure du regard les piliers polis par le temps, on écoute l’écho des pas sous la voûte. Avec un guide local, ces grottes se lisent autrement : il aide à décoder les gestes des Bouddhas, les influences artistiques, et les détails réservés aux yeux des plus avisés.
Découvrir les grottes jaïnes, plus discrètes et raffinées
Les grottes jaïnes, numérotées 30 à 34, sont les plus paisibles du site. Situées au nord, à environ un kilomètre de la grotte 29, elles attirent généralement moins de voyageurs, et c’est justement ce qui fait leur charme. Dans la grotte 32, Indra Sabha, les sculptures sont d’une finesse saisissante : divinités, lotus, plafonds travaillés, silhouettes méditatives des tirthankaras.
L’atmosphère y est plus recueillie, presque feutrée. La pierre semble dentelée, comme une broderie minérale. On prend un moment pour observer les plafonds et les encadrements de portes, où les motifs se répètent avec une patience infinie. En fin de visite, quand la chaleur se pose sur le plateau, ces grottes offrent une appréciable fraîcheur.
S’arrêter à Dhumar Lena, la grotte hindoue plus confidentielle
La grotte 29, Dhumar Lena, mérite un détour pour son énergie brute. Moins commentée que Kailasa, elle impressionne par ses dimensions, ses piliers puissants et ses grands panneaux sculptés consacrés à Shiva. On y retrouve notamment la force dramatique des scènes mythologiques, gravées dans une roche sombre et fraîche.
Ce lieu plaît aux voyageurs qui aiment sortir du parcours le plus évident. On y ressent davantage la matière, le silence, la rudesse du basalte. Au-delà de leur beauté, les sculptures racontent un monde de dieux, de combats, de dévotion et d’équilibre cosmique. C’est une halte parfaite pour comprendre qu’Ellora ne se résume pas à un seul chef-d’œuvre.
Visiter le temple de Grishneshwar, Ellora toujours vivante
À environ un kilomètre des grottes, le temple de Grishneshwar rappelle que la spiritualité d’Ellora n’appartient pas qu’au passé. Ce temple hindou dédié à Shiva est l’un des douze Jyotirlinga, des lieux de culte particulièrement sacrés pour les fidèles. On y vient pieds nus, dans le parfum des fleurs, de l’encens et du ghee, au rythme des cloches et des prières.
La visite demande discrétion et respect : tenue couvrante, téléphones et appareils photos interdits, et attention portée aux personnes venues prier. Pour accéder au garbhagriha, la chambre sacrée où repose le linga, les hommes doivent retirer chemise ou t-shirt. Nos experts locaux aident à comprendre les usages et à choisir le bon moment pour se rendre au temple de Grishneshwar, loin des foules.
Une idée pour découvrir Ellora autrement ?
Pour explorer Ellora autrement, on arrive dès l’ouverture, quand la roche basaltique garde encore la fraîcheur de la nuit et que le temple de Kailasa se dévoile dans une lumière douce, et sans foule. Un guide local permet aussi de découvrir Ellora autrement, avec une autre profondeur : on comprend comment les artisans ont creusé ce monolithe d’un geste vertigineux, du haut vers le bas. Autre piste, souvent plus paisible : mettre le cap sur les grottes jaïnes, au nord du site. Moins fréquentées, elles révèlent des sculptures fines. Un agent local saura ajuster l’itinéraire, les horaires et le rythme pour une découverte plus intime.
Nos conseils pour bien visiter Ellora
- Prévoyez une visite tôt le matin pour profiter de la fraîcheur de la nuit avant l’arrivée des voyageurs. Ellora est fermé le mardi, un détail que nos agences locales vérifient toujours avant d’organiser l’étape.
- Commencez par la « grotte 16 », ou « temple de Kailasa ». Taillé d’un seul bloc, il se découvre lentement et si possible, avec un guide local à ses côtés, pour approfondir la visite.
- Gardez du temps pour les grottes jaïnes, à environ 1 kilomètre au nord : une navette les relie au Kailasa, une option des plus pratique quand la chaleur monte.
- Portez des chaussures faciles à enfiler et à retirer. Certaines zones demandent de se déchausser, et le sol peut être chaud ou irrégulier selon la saison.
- Prévoyez de l’eau, un chapeau et un foulard léger. Si d’octobre à mars, la visite reste agréable côté températures, d’avril à juin, la chaleur devient vite écrasante sur le site.
- Dormez à Aurangabad, aujourd’hui Chhatrapati Sambhajinagar, pour gagner en proximité. Nos agences locales peuvent à Ellora une étape à Daulatabad, ou Bibi Ka Maqbara.





























































